LE BLASON DE LA COMMUNE
 
     
 

"Tranché d'or au léopard de gueules et d'or à trois fasces de sinople accompagnée en pointe d'une étoile à six branches de même; le tout chargée d'une bande de gueule à trois alérions d'or."


Le blason actuel est la synthèse des armes des trois familles de seigneurs qui se sont succédées à Darnieulles.

La lère famille de DARNIEULLES, du l1ème siècle à l'an 1424 ou 1425 portait trois fasces et une étoile en pointe.

La 2ème famille de jean PILLEPILLE de l'an 1431 à l'an 1592 issue d'un bâtard du Duc CHARLES II portait une bande chargée de trois alérions.

Enfin, la 3ème famille DE GELLENONCOURT, de l'an 1592 à l'an 1832 porte un léopard de gueule

 
 
 
 
 
 

EVOLUTION DU NOM : DARNIEULLES

 
     

Ascelinus de DARNOLA (11ème siècle)
Albertus de DARNOLIO (llème siècle)
Cono et Albertus de DARNULIO (entre 1109 et 1124)
Drogo de DARNULEIO (entre 1115 et 1128)
Richardus de DARNOLE (entre 1115 et 1128)
Guillelmo de DARNULE (entre 1147 et 1176)
Béatrix de DARNOLE (Seconde moitié du 12ème siècle)
Joliannés de DARNOLE (1192 - 1193)
Philippe de DARNUELE (1279)
Philippe de DARNOLIO (1298)
Guillaume de DARNOLEYO (1301)
Gérard de DARNUELE (1300 - 1301)
Verry, sire de DARNUELLES (1362)
Ancel, sire de DARNEUILLE (1371- 1383)
Forte maison de DARGNEULLE (1439)
Jean de DAIGNEULLE (1532)
On voit ensuite DARNIEUL en 1737, DARNIEULE en 1789, de nouveau DARNIEUL en 1817, DARNIEULLE puis enfin DARNIEULLES

 
 
 
 
 
     
 
DARNIEULLES ET SES SEIGNEURS
 
     

 

 

 

 

 

 

 

Famille 1

Famille 2

Famille 3

Blason

Evolution du Nom

Chateau

Chapelle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Famille 1

Famille 2

Famille 3

Blason

Evolution du Nom

Chateau

Chapelle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Famille 1

Famille 2

Famille 3

Blason

Evolution du Nom

Chateau

Chapelle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Famille 1

Famille 2

Famille 3

Blason

Evolution du Nom

Chateau

Chapelle

 

 

 

 

 

La première famille :

Trois familles se sont succédées à la tête de la seigneurie mais la première n'est connue que par quelques documents du XIème au XVème siècle. Deux sources précieuses de renseignements : la chronique de Chaumousey rédigée par l'abbé SEHERE (1109 - 1123) à la tête de l'abbaye, une communauté de chanoines réguliers, et de St LEON de Toul, le Cartulaire de Chaumousey (recueil des chartes, titres, actes de donations, ventes concernant un monastère) commencé en 1427 par l'abbé NICOLAY, curé de Dompierre, dont il reste une copie du début du XVIIIème siècle.


Cette lignée semble bien implantée dès le XIIIème siècle. Il s'agit à l'origine de riches allentiers (alleu : propriété exempte de droits féodaux) devenus chevaliers et vassaux du Duc de Lorraine.


Ils représentent la puissance locale, signent des donations pour le salut de leur âme, sont témoins d'actes juridiques et participent aux assemblées de justice.


Au départ, THIERRY et son épouse HADVIDE qui donnent les terres pour établir l'abbaye en sont peut être à l'origine. Puis ANSELME ou ASCELIN de DARNOLA est mentionné en 1092 pour le don d'une serve à l'abbaye Saint-Pierre de Remiremont, premier témoignage écrit et daté concernant un seigneur de Darnieulles.


ALBERTUS de DARNOLIO apparaît ensuite comme témoin dans la charte de restitution d'une terre à la collégiale SAINT GENGOULT par l'Evêque de Toul. On découvre par la suite deux hommes du lignage: CONO et ALBERTUS de DARNULIO, cosignataires avec trente cinq autres de la paix de Relanges entre l'abbaye et JOSSELIN, frère de THIERRY, qui voulait récupérer la terre de Chaumousey. ALBERTUS fait partie de l'entourage du Comte RENARD III de Toul et du Duc de Lorraine. CONO et THEODORICUS sont témoins dans une donation de terres de la veuve de BANCELIN de Châtenois, à l'abbaye vers 1190. Un DROGO de DARNULEIO figure deux fois dans des documents, siégeant parmi des "spectabiles vini aux côtés de l'abbé SEHERE et du Duc SIMON de Lorraine dans le règlement de conflits.


L'abbaye de Chaumousey se constitue aussi un important domaine à Darnieulles, au cours du XIIème siècle, elle y a d'ailleurs un voué RICHARDUS qui protège ses biens. La chronique évoque d'autres donations, par exemple celles de deux dames BEATRIX de DARNOLE et Dame SIBILLE (peut-être la mère de GUILLAUME ?) qui donne un "jardin" où les chanoines construisent leur "maison" (le sens de ces deux termes n'est pas forcément le même qu'aujourd'hui).

Ce lignage seigneurial est entré dans la vassalité des Ducs de Lorraine dès le XIIème siècle avec GUILLELMO de DARNULE, témoin de la donation de MATHIEU ler de Lorraine à l'abbaye de Bonfays. En 1192 - 1193 se signale un DOMINUS JOHANNES de DARNOLE, titre qui définit le chef de la maisonnée, il est "dominus", c'est à dire seigneur et "milites", c'est à dire chevalier, il assiste comme témoin à la donation par le Duc SIMON II de Lorraine de son alleu de Velotte à l'abbaye.


Ces seigneurs sont eux-mêmes des donateurs : ainsi en 1250, GUILLAUME, sa femme et JEAN de Bruyères accordent le droit de patronage dans l'Eglise de Darnieulles (déjà créée, mais à un autre endroit que l'actuelle) et les dîmes à titre d'aumônes et pour "le remède de mon âme", acte confirmé par le légat du pape. En 1279 "PHILIPPE de DARNUELE, chevallier" et GERARD de Ville sur Illon, sans doute parents, octroient à l'abbaye douze "meizés de terre avec masons et ornes", à une époque où l'abbé est REGNALDUS, un cadet de la famille. Puis PHILIPPE (PHILIPPUS de DARNOLIO) concède en 1298, les dîmes qu'il possédait à Igney et Oncourt, le témoin est alors WERRI, devenu plus tard doyen du Chapitre de St-Dié.


Le sceau qu'il apposa sur l'acte (le Fondation de la Chapelle Saint Nicolas de St-Dié nous est parvenu, il présente les premières armes de Darnieulles. A la fin du XIIIème siècle, Darnieulles peut s'enorgueillir d'avoir deux vassaux du Duc de Lorraine. JENNIN de DARNEULE, écuyer, cadet devient l'homme-lige du Duc FERRY III, il en reçoit le fief de Darnieulles et lui doit six mois de garde au Château d'Arches, mais l'habitat fortifié revient à PHILIPPE, seigneur chevalier (nommé précédemment).


En 1301, GUILLAUME DE DARNOLEYO succède à son père PHILIPPE, son nom figure sur les notices nécrologiques de l'obituaire de St Goéry. Nous savons que deux nobles darnes de Darnieulles appartenant au chapitre s'y trouvent aussi. Sa sueur KATHRINE, épouse le seigneur de Hadigny.


Dans ce lignage se distinguent ensuite JEAN, seigneur d'Uzemain, emprisonné par le prévôt d'Epinal, à la demande de l'abbesse du Chapitre de St Goéry, libéré après avoir fait amende honorable grâce à l'Evêque de Metz, puis VERRY "Sire de DARNUELLES" donateur de 20 sons de cens annuel à l'abbaye pour une messe anniversaire, à prélever sur son moulin de Domèvre sur Avière, en 1362.


Le: mieux connu est ANCEL, issu de la famille de Ceintrey, chevalier "sire de DARNUELLE", impliqué aux côtés de JEAN des Noyers de Rimocourt et GERARD de Maxeroy dans une guerre contre THIERRY, Evêque de Metz, GODEFROY et JEAN de St Baslemont, RICHARD de Chatel et les bourgeois d'Epinal en 1371. ANCEL qui avait participé à la prise de la maison forte de They sous Vaudémont perdit lui-même son château que lui fit rendre le Duc JEAN ler de Lorraine. Des documents le montrent accomplissant ses devoirs de vassal. En 1383 "Messir ANXEL de DARNEUILLE", fait partie de l'expédition militaire du même JEAN ler qui répond à Post royale, avec douze autres chevaliers représentant -les grandes familles de la Région : Haussonville, Ville, Parroy, Baudricourt. Il s'agissait de rejoindre les alliés Bourguignons en Champagne, puis de faire la guerre au côté du Roi de France CHARLES VI en Flandre attaquée par les Anglais. C'était l'époque de la guerre de Cent Ans.


Il est membre du conseil ducal sous JEAN ler et JEAN Il, fonde plusieurs messes anniversaires, participe avec son épouse ALIX de Montjustin à la construction de la Maison-Dieu (hôpital) de Plombières. Il y ajoute des terres, moulins, étangs à Padoux, Bult, Uzemain, Darnieulles, Raon aux Bois, Aillevillers.


Le dernier de la famille serait GUILLAUME ainsi que l'affirme un document postérieur, signé de JEAN (2ème famille) qui faisait état de la donation de "PIERRE dit Vassal de Hadol" aux religieux du Saint-Mont de rentes en blé, gélines... qu'il tenait en fief ""de WYLLAUME jadit seignor de DARNUELLE" son prédécesseur. Ce GUILLAUME, mort sans descendance, est donc le dernier de la lignée, ses terres reviennent alors au Duc de Lorraine.


Ainsi s'éteint la première famille de Darnieulles : des hommes libres plus riches que les autres qui peu à peu constituent un lignage de petite chevalerie disposant du pouvoir de commander et de rendre la justice. Lont-ils reçu, si oui, de qui ? S'en sont-ils emparés ? Dans quelles circonstances ? Toujours est-il qu'ils exercent un rôle local, symbolisé par la constriction de la tour carrée. Ils fournissent un service d'aide et de conseil au Duc de Lorraine, leur suzerain. Darnieulles aurait alors joué le rôle de poste frontière avancé du domaine ducal.


La deuxième famille :

La seconde famille de Darnieulles est issue du Duc de Lorraine CHARLES Il (1366 - 1431). Il eut deux filles de sa femme MARGUERITE de Bavière (dont ISABELLE, l'épouse de RENE ler d'Anjou), et trois fils de sa maîtresse ALISON du MAY (JEANNE D'ARC lui reprocha d'ailleurs sa vie dissolue) : FERRY d'Einville qui devint seigneur de Bilstein, FERRY de Lunéville et JEAN surnommé PILLELIPILLE à l'origine de la branche de Darnieulles. ( voir aussi ici )


Ce dernier entre en possession de la terre de Darnieulles dès 1428, il est mentionné dans les testaments de son père comme "notre amé filz bastard JEHAN de PILLELIPILLE", luimême s'intitule "JEAN bastard de Lorraine, seigneur de Darnieulles" dans sa lettre aux Quatre (gouverneurs) d'Epinal pour demander la libération du maire PARIS d'Hennecourt, son homme en partie, et lors de l'achat d'une part de la Forteresse, ville et seigneurie de Blainville avec sa femme PHILIPPA de Marches, biens, d'ailleurs revendus au Duc de Lorraine en 1455. On sait qu'en 1439, il engage le quart de la "forte maison de DARGNEULLE et du bourg" contre 300 florins à l'Evêque de Metz, Darnieulles est ici qualifié de bourg.

JEAN se marie deux fois, sa 2ème épouse est ISABELLE de Sampigny : ce fut un grand mariage, d'après les comptes de jean PARISET, une somme importante a été payée à Charmes pour les dépenses des seigneurs invités à la cérémonie. JEAN apparaît comme un personnage puissant, allié à d'autres seigneurs comme ANNE du FAY, bailli de Bassigny, et aussi l'Evêque CONRAD de BAYER BOPPART. L'une de ses filles est CLAIRE de Darnieulles, chanoinesse d'Epinal, tandis qu'un de ses fils CHARLES est nommé administrateur du prieuré de Neuviller sur Moselle.


Son fils aîné DIDIER, hérite du château et des terres de Darnieulles, il assiste aux assises de Mirecourt en compagnie d'autres nobles du bailliage. Son ascension sociale est remarquable, maître d'hôtel de RENÉ II de Lorraine (1474), il lui rend hommage pour les fiefs qu'il possède, il est armé chevalier à la suite de sa conduite brillante pendant la guerre de Lorraine qui opposa le Duc de Lorraine au Duc de Bourgogne CHARLES le TEMERAIRE. En 1483, le Duc le nomme Conseiller en son hôtel, puis capitaine au Château d'Arches. Il exerce aussi la fonction de bailli d'Epinal de 1493 à 1506, il est également seigneur d'Uxegney, possède le patronage de la cure de Mattaincourt (qu'il cède à la Collégiale d'Haussonville en échange de domaines situés à Padoux et Ceintrey) l'avouerie de Plombières, des fiefs à Uzemain et Raon aux Bois. En 1482, le Duc de Lorraine l'autorise à construire un gibet qui remplace l'arbre des pendus pour exécuter les condamnés. Marié à ISABEAU FRESNEAU d'une famille provençale, il a deux fils JEAN et CLAUDE et meurt vers 1522 au terme d'une vie bien remplie.


Epoque de DIDIER a correspondu à l'apogée de cette 2ème famille, le déclin survint rapidement avec ses deux enfants qui dilapident leur héritage et vendent une grande partie (lu domaine. Laîné JEAN hérite du château et est armé chevalier en 1522. Mais il se ruine en fêtes et fastueuses réceptions pour surpasser ses voisins de Ville et Fontenoy. Son frère CLAUDE meurt en 1529 après avoir vendu sa partie du fief de Ceintrey à NICOLAS VARLET, maître de monnaie du Duc de Lorraine. JEAN fait de même et se débarrasse de plusieurs autres fiefs dont la moitié de la Seigneurerie d'Uzemain dès 1522, puis de l'autre en 1532, de la moitié de l'avouerie de Plombières, de Raon aux Bois. Il se sépare même d'une partie de la Seigneurie de Darnieulles vendue à ROLAND de Thuillières, seigneur de Hardémont.


Ses besoins d'argent sont énormes et il tombe dans le brigandage au point d'inquiéter les gouverneurs d'Epinal qui font part de leur crainte de la "bande de M. JEAN de DAIGNEULLE" au bailli de Dombasles. Le seigneur avait pris l'habitude de se faire nourrir une fois par an, lui, ses gens et ses chevaux par le maire d'Uxegney, la femme de ce dernier devait faire le spectacle : chanter et danser sous peine d'une amende en oignons, huile.... Ce n'est qu'en 1595 que les habitants purent racheter cette coutume déshonorante pour une somme de 20 francs chaque année.

La réputation de JEAN est si désastreuse que la légende s'en empare : il possédait un bien de famille, un crucifix d'or qui avait assisté ses ancêtres au moment de leur trépas. Il le vendit à un usurier: le crucifix qui se consumait lui échappa, le sol s'entrouvrit et l'objet disparut ainsi que l'argent de la vente qui brûlait les mains du seigneur. La légende est restée vivace, mais malgré des fouilles, on n'a rien trouvé


JEAN de Darnieulles mourut sans hoirs (héritiers) en 1535 et ce qui restait de la seigneurerie de Darnieulles retourna au Duc de Lorraine.


Il avait trois soeurs, deux d'entre elles, PHILIPPA et ANNE de Darnieulles devinrent chanoinesses d'Epinal. La 3ème, CLAUDINE, épousa M. de Barrisey, sa fille MARGUERITE prit pour époux le chevalier JEAN de Thuillières qui s'intitula seigneur de Hardémont et de DARNIEULLES en partie.


Ainsi se termine l'histoire de cette 2ème lignée qui, après avoir connu une période de puissance, tombe en décadence et illustre bien la disparition de la féodalité médiévale.


La troisième famille :

La 3ème maison seigneuriale de Darnieulles est issue de 121 famille de BEAUFORT anoblie en 1539. FRANCOIS de GELLENONCOURT, le premier de la lignée n'est gentilhomme que depuis 1588, il est seigneur de Pulligny en partie, Acraignes, et prend le nom et les armes de GELLENONCOURT (Village au Nord-Est de Dombasle sur Meurthe). Il a épousé GABRIELLE de THUILLIERES, héritière de son grand-père ROLAND pour la moitié de la seigneurerie de DARNIEULLES qui fait ainsi le lien entre la 2ème et la 3ème famille ; en 1592 le Duc de Lorraine CHARLES III lui accorde le reste du fief qui se trouve de ce fait réunifié,(voir précédemment la fin de la 2ème famille). Il prend le titre de baron, est chambellan et grand veneur du duc. Le Château devenant difficilement habitable, il commence la construction du logis au Nord.


L'ainé de ses fils CHARLES FRANCOIS hérite de la seigneurerie, le cadet PHILIPPE transmet le nom de DARNIEULLES à sa descendance.


Ces seigneurs exercent leurs prérogatives (ou ce qu'il en reste) en 1650, le Duc de Lorraine donne l'autorisation de réparer le gibet, symbole des pouvoirs de justice. Lannée suivante, les Français s'emparent de Châtel et menacent Epinal, un détachement de l'armée Lorraine est stationnée au Château. Ils reçoivent du Duc de Lorraine la fonction de voué, c'est à dire la garde et la défense des biens que le chapitre de Remiremont possède à Uxegney ; un extrait d'un état des droits féodaux à Remiremont le 7 mai 1714 reconnaît le seigneur de Darnieulles comme voué et bas justicier pour un quart au "dit Uxegney" , ; une déclaration du 14 septembre 1779 du fermier du chapitre de Remiremont atteste qu'il reçoit en tant que seigneur - voué, un tiers des amendes de basse-justice mais les seigneurs de Darnieulles n'y possédaient guère que les Fouillies comme terre. Ils s'étaient en tout cas attribués le titre de "Seigneur d'Uxegney en partie du ban". ANNE de LAVALETTE, veuve d'HENRI de GELLENONCOURT, désignée sous le nom de Grande Dame (voir le lieu dit) afferme en février 1716 moyennant 75 livres - tournois tous les ans, les droits de haute, moyenne et basse justice qui appartenaient "à son altesse royale".


CHARLES FRANCOIS eut quatre enfants dont CLAUDE FRANCOIS qui fait ses reprises de la seigneurerie en 1669. La succession est ensuite incertaine car les héritiers ont souvent les mêmes prénoms. Se succèdent HENRI THEODORE de GELLENONCOURT marié à ANNE de LAVALETTE tandis que le cadet FRANCOIS est prêtre, puis CHARLES THEODORE qui épouse MARIE THERESE CHARLOTTE de HOURIER, Comtesse de VIERMES, dame de Fougerolles, ce qui ajoute aux possessions de GELLENONCOURT, la seigneurerie de Cornimont-Xoulces en partie.


Mais les difficultés financières sont pressantes, dès 1730, pour se renflouer, HENRY THEODORE et son épouse acensent à NICOLAS CLAUDEL receveur (les finances à Epinal, la moitié de la Seigneurerie de Darnieulles, dont une partie du Château et (les écuries, de nouveaux accords (amodiations) sont signés avec différents laboureurs en 1735.


Le dernier de GELLENONCOURT, NICOLAS JOSEPH FRANCOIS, baron de Darnieulles naît en 1756. En 1766, la Lorraine devient une province du royaume de France, des membres de la famille prennent du service dans l'armée du roi. Dans la liste des représentants de la noblesse en 1788, du bailliage de Darney apparaissent trois de GELLENONCOURT : JOSEPH BENOIT et NICOLAS FRANCOIS XAVIER, Chevaliers, Seigneurs de DARNIEULLES, domiciliés à Nancy et NICOLAS FRANCOIS JOSEPH, baron du "dit lieu, de Formerey, Bocquegney, Uxegney, la Rue devant Dompaire" demeurant à Dompaire.


Au début de la Révolution, NICOLAS et JOSEPH appartiennent aux grenadiers royaux du régiment de Chambellant. Leur frère HENRY-BENOIT, Chanoine à la primatiale, puis retiré à Darnieulles et qui n'avait pas eu à prêter serment comme l'imposait la Constitution Civile du Clergé, prétendait que ses messes étaient meilleures que celles de ses confrères, jureurs.


NICOLAS JOSEPH FRANCOIS n'eut que quatre filles, l'aînée MARIE THERESE JUSTINE épousa un roturier JOSEPH GEORGES CHAPUT qui reçut le droit de porter le nom de DARNIEULLES du roi Louis Philippe en 1846 (actuellement, une descendante vit encore) ; MARIE ANTOINETTE se maria avec CHARLES FRANCOIS DU HOUX de Vioménil, VICTOIRE JOSEPHINE avec PHILIPPE DU PUY DE.CLINCHAMP en 1827.
La quatrième, THERESE JUSTINE devint l'épouse de PIERRE JEAN de MARTIMPRE en 1830.


Le domaine fut vendu à JEAN JOSEPH GERARDIN, agriculteur par PHILIPPE DU PUY DE CLINCHAMP qui résidait alors au pavillon de chasse (ancienne maison Finance, 126 Rue de la Gare à Darnieulles) en 1838.


Conclusion:


La Révolution Française imposant l'abolition des privilèges et une administration uniforme et centralisée mit fin au rôle joué par cette famille de petite noblesse locale, représentative de la fin de l'Ancien Régime.


Le piètre intérêt militaire du château, point de fixation du pouvoir, centre administratif, espace de résidence plutôt que lieu de guerre, explique qu'il n'ait pas complètement disparu. Ses ruines sont parmi les plus anciennes du monde médiéval en Lorraine, image de pierre, témoin de l'architecture féodale.

 
 
 
 
 
     
 
DARNIEULLES ET SON CHATEAU
 
     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Famille 1

Famille 2

Famille 3

Blason

Evolution du Nom

Chateau

Chapelle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'habitat seigneurial est une des composantes majeures des paysages ruraux du Moyen Age, les maisons fortes se répandirent parallèlement à l'ascension sociale des chevaliers aux 12ème et 13ème siècle. Le château apparaît comme un instrument de domination et éventuellement comme arme de guerre ; il abritait un lignage et toute sa maisonnée.


Le château de Darnieulles a été construit, comme c'est souvent le cas, en marge du village, alors dans le duché de Lorraine, qui n'était peut être pas à l'emplacement actuel. La route de Fomerey passait à l'époque plus à l'ouest (Rue des Pervenches) et le chemin qui menait au château était en cul de sac.


La résidence seigneuriale est pour la première fois mentionnée à l'époque d'Ancel en 1371, il est question de la "Fort maison de DARNUELLEZ".


Le passant remarque les restes du donjon quadrangulaire de 15,00 mètres sur 11,20 mètres, soit 109 m2 habitables, ainsi qu'une partie de l'enceinte au Sud et à l'Est. Ici, pas de séparation résidence-forteresse, pas de tours de défense, les ressources pécuniaires étaient limitées.


La construction a été réalisée avec les moyens du bord : la pierre calcaire d'extraction locale ; seuls les chaînages d'angle sont de fabrication plus soignée en belles pierres de taille de grès gris. Les murs sont généralement constitués de deux parements à joints fins enserrant un blocage pas systématiquement en fougère.


Les vestiges du donjon comportent, à 6,50 mètres du sol, sept fenêtres dont deux au nord, plus exactement des fentes d'éclairage, encadrées de pierres de taille de grès gris qu'on pourrait confondre avec des meurtrières, caractéristiques de l'architecture romane de la fin du 12ème siècle.


On pénétrait dans le donjon au Sud, par une porte à 5,00 mètres du niveau du sol, voûtée en plein cintre. Des traces d'arrachement de l'avant-corps du bâtiment sont bien visibles sur le mur ainsi qu'au sol où on y aperçoit les fondations d'une tourelle d'accès et on parvenait au premier étage par un escalier ou une échelle. Cet avant-corps maçonné, représente une originalité pour la Lorraine. La petite fente à droite permettait de surveiller les entrées. Une passerelle devait franchir un fossé de 10 mètres de largeur sur 5 mètres de profondeur qui entourait l'ensemble mis en évidence par des dépressions de terrain.


L'eau était en effet un moyen de protection, d'où venait-elle, de la nappe phréatique peu profonde ou de sources plus lointaines dans les bois ?

L'intérieur du donjon comportait un rez-de-chaussée aveugle qui servait de cellier et de réserve. Le premier étage composait le logis du seigneur : à la fois "cula", salle de réunion et d'apparat, et "caméra", appartement privé du seigneur et (le sa famille, le tout dans une seule pièce peut-être divisée par (les tentures ou des parois en bois. Le seul élément de confort était une cheminée à hotte encastrée, actuellement la plus ancienne cheminée de l'Est de la France (avant le milieu du 12ème siècle).


Au deuxième étage, habitaient la maisonnée, les gardes. On aperçoit dans les murs des trous de boulin qui ont servi à la fixation d'échafaudages, le plancher du premier étage ne reposait pas sur les murs, à la différence de celui du deuxième étage mais sur des piliers de bois enfoncés dans le sol. On communiquait entre les étages là aussi par une échelle ou des escaliers en bois.


Le toit pouvait être constitué en partie d'une terrasse bordée d'un mur crénelé, comme on en voit dans les livres d'histoire.


La défense de la tour devait se faire de ce lieu, bien que la conception du château fasse plus penser à une défense passive, mais il n'y a pas trace d'éléments offensifs.


Pourtant en 1582, quand le sieur de Hadigny rend à Gabrielle de Thuillières, la moitié de la seigneurie de Darnieulles, il est question de "barbacannes" dont il ne reste aucun vestige.


L'enceinte médiévale constituée à l'origine d'une palissade de bois dressée sur un talus de terre, clôturait la basse-cour, lieu de l'activité économique : granges, four, écuries, forges et où s'affairait la domesticité.


L'entrée devait correspondre à l'entrée actuelle. Les remparts existent. encore au Sud, à l'Est et au Nord; larges d'environ 2,10 mètres, ils étaient peut-être surmontés d'un chemin de ronde avec créneaux et merlons. La poterne permettait de communiquer avec le fossé, aisément repérable au Sud, au milieu du rempart à 0,90 mètres de haut, voûtée en plein cintre, l'épaisseur du mur permettait un double système de fermeture interne et externe.


Dans l'enceinte a été construit un puits maçonné de 1,00 mètre de diamètre abrité dans une niche surmontée d'un arc brisé.


Le rempart Nord et Ouest en partie est intégré à la construction du corps du logis au 16ème et 17ème siècle par la 3ème famille. En effet le château entre en déclin dès le 16ème siècle parce que les circonstances politiques ont changé, mais surtout par manque de confort, ce qui explique l'édification d'une maison au Nord de la cour ordonnée par François de Gellenoncourt (vers 1600 ?).


Le château conserve pourtant un intérêt : en 1559, le donjon sert de prison, il est utilisé aussi comme refuge. Ainsi en 1648 pour les villageois de Bocquegney quand les troupes du roi de France viennent attaquer Epinal et en 1670 pour les paysans que Charles IV de Lorraine ordonne de regrouper là.


En cette période troublée, des destructions frappent le site ; à plusieurs reprises, mention est faite de l'état de délabrement du château. Par la suite, des problèmes de trésorerie se posent aux seigneurs, ainsi en 1780, une lettre adressée par le baron de Darnieulles au procureur de bailliage de Darney évoque le château qui s'est écroulé et qu'il a fallu relever. Des pierres rouges à l'intérieur laissent supposer un incendie.


Au 18ème siècle, l'état de vétusté est avéré et au moment de l'annexion de la Lorraine par la France, il est en ruines et ressemble à peu de choses près à ce qu'il est maintenant.


La construction d'une tour d'habitat fortifié atteste du pouvoir et du rayonnement des seigneürs de Darnieulles, même s'ils ne disposaient pas de beaucoup de moyens, ce que révèle la faiblesse des aménagements intérieurs. Ses vestiges ont par leur ancienneté un grand intérêt historique et témoignent de quelques siècles de l'histoire de la Lorraine.


(Quelques extraits des Approches historique et archéologique sur "La Tour résidence et la maison forte de Darnieulles" par Alexandre LAUMOND du Groupe d'Etudes et de Recherches Archéologiques des Vosges.)

 
     
 
 
     
 
LA CHAPELLE CASTRALE
 
     

 

Famille 1

Famille 2

Famille 3

Blason

Evolution du Nom

Chateau

Chapelle

Un lieu de culte existait certainement dans la tour-résidence, mais aucun document ni vestige ne l'atteste. C'est Ancel de Darnieulles (lère famille) qui fit édifier une chapelle castrale (capella) en 1401.


Dédiée à la Vierge, elle était située derrière "l'autel de Monsieur St Morise", actuel Pré St-Maurice, à 60 mètres à l'Ouest du donjon, au delà du fossé. Quelques vestiges du cheeur subsistent dans une muraille. Ancel la dote d'importants revenus tirés de ses terres.


En 1683, François de Gellenoncourt, curé de Darnieulles et administrateur des biens de la chapelle est chargé de réparer les dégâts causés par la guerre. En 1711, l'état du diocèse de Toul évoque une chapelle castrale de patronage laïc. Elle a accueilli les dépouilles de plusieurs membres de la famille Gellenoncourt.


En 1753, elle figure dans le partage des propriétés de Gellenoncourt puis une délibération du conseil de Darnieulles, datée du 20/09/1791 réclame le retour à la commune de 2 parcelles devenues biens nationaux ("terres dépendant de la ci-devant chapelle" alors bien national).


Nous ne connaissons pas la fin de la chapelle, a t'elle été détruite ? L'emplacement existe encore sur le cadastre napoléonien.

 
     
 
   
Ces textes sont tirés du livre "Darnieulles d'hier et d'aujourd'hui" édité par la commune pour la fin du 2éme millénaire